Brent Wadden: René

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Open: Tue-Sat 11am-7pm

64 rue de Turenne, 75003, Paris, France
Open: Tue-Sat 11am-7pm


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Brent Wadden: René

Paris

Brent Wadden: René
to Sat 12 Mar 2022
Tue-Sat 11am-7pm
Artist: Brent Wadden

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Almine Rech Paris presents Brent Wadden’s fourth exhibition at the gallery. The artist shows a dozen pieces produced in late 2021.

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In its apparent simplicity and elegance, Brent Wadden’s work embraces its decorative purpose. This absence of preconceived ideas is closely linked to the artist’s background and his points of reference.

When asked about the foundations of his work, Wadden mentions growing up and studying in Nova Scotia, where folk art is an integral part of the social fabric and plays an important role in local museums.

His early absorption of folk art and his exposure to crafts explain his interest in local traditions. Wadden lists as influences the quilts of Gee’s Bend, Alabama (which fascinated him early on), Japanese boro, and Moroccan Boucherouite rugs. Although their origins are different, these pieces — whether they are quilts, weavings, pieces of fabric, clothing, or rugs — have in common an evident freedom in their design, a modest relationship to materials, and a connection to skill (often self-taught). These creations involve slow manual work, which is far removed from our contemporary relationship to time. Their characteristics apply perfectly to Brent Wadden’s own work.

Trained in drawing and painting, the artist is very familiar with the Bauhaus and the history of geometric abstraction. He started off as a painter, but says that weaving began quite “naturally” to play a role in his artistic practice, ultimately taking over. Like other contemporary artists, particularly the American artist Andrea Zittel, Wadden is committed to a way of working that resembles arts and crafts and raises the question of the possible permeability of the boundary between fine art and the decorative arts. His large weavings stretched on canvas, which evoke tapestries and other hangings, can be seen as hybrid works combining elements of fine art and furnishings.

Playing on this ambiguity, the artist expresses his connection to contemporary art by making the issue of procedure and process the focus of his approach.
He makes us aware not just of the beauty of his pieces, their subtle geometries, and their skillful color variations, but also how they are made.
First and foremost, he foregrounds the materials and tools that he uses (threads, looms), which are all sourced and purchased second-hand, unused supplies to which he gives new life.

This way of collecting materials means making do with what he finds and planning his compositions with the awareness that a thread of a certain color may run out during the weaving process, resulting in a possible change of thread thickness, texture, or color. This ability to adapt is one of the key components of his work, as is the randomness of weaving: the difficulty of aligning one panel with another or a slight warping of the shapes. Wadden minimizes these tiny mishaps or incorporates them into his compositions. Although the role played by chance is barely noticeable to the viewer, it reminds us that the weaving process does not allow the maker to see the entire piece until it is finished and taken off the loom.

These slight irregularities distinguish Wadden’s woven art from the perfection of mechanical production. In their various shapes and colors, their textures, and the ways they are assembled, the works of Brent Wadden reveal tiny, random variations that stem from their hand-made nature and give them their poetry. Deceptively consistent, open to the senses, graceful, and powerful, his work eludes all categories while also being part of a reflection on abstraction and an urge to inscribe the techniques of the decorative arts in the practices of contemporary art.

— Françoise-Claire Prodhon, art historian and art critic


Du 8 janvier au 5 mars 2022, Almine Rech Paris est heureuse de présenter la quatrième exposition de Brent Wadden à la galerie.
À cette occasion, l’artiste dévoile une douzaine de pièces réalisées fin 2021.

Dans son apparente simplicité, son élégance, l’œuvre de Brent Wadden assume sa vocation décorative. Cette absence de préjugé est étroitement liée au parcours de l’artiste et à ses références.

Interrogé sur ce qui fonde son travail, Brent Wadden évoque la Nouvelle Écosse, région dans laquelle il a grandi et étudié, où l’art populaire est partie intégrante du tissu social et occupe une place importante dans les musées locaux.

Cette imprégnation précoce à l’art populaire et aux “crafts” explique son goût pour le vernaculaire : Brent Wadden cite pêle-mêle les productions de Gee’s Bend en Alabama (l’une de ses premières fascinations), les boro japonais et les tapis Boucherouite marocains. Ces productions (quilts, tissages, pièces de tissus, vêtements, tapis) bien que d’origines différentes ont en commun une évidente liberté de conception, un rapport aux matériaux empreint de modestie et relèvent d’un savoir-faire, souvent autodidacte, ces créations induisent aussi une relation à la lenteur du travail manuel à mille lieux de notre rapport contemporain au temps ; caractéristiques qui s’appliquent parfaitement aux oeuvres de Brent Wadden.

Formé au dessin et à la peinture, l’artiste n’ignore rien des recherches du Bauhaus, ou de l’histoire de l’abstraction géométrique, si il a d’abord été un peintre, le tissage s’est imposé assez “naturellement” dans sa pratique, jusqu’à en occuper tout le champ. Comme d’autres artistes contemporains, notamment l’américaine Andrea Zittel, Brent Wadden revendique un type de production qui pourrait être assimilé à un artisanat d’art et pose la question d’une possible porosité entre art et arts décoratifs, ses grands tissages tendus sur toile évoquant tapisseries et autres tentures regardées comme autant d’hybrides entre oeuvres d’art et éléments de mobilier…

Jouant de cette ambiguïté, l’artiste exprime son ancrage dans l’art contemporain en faisant de la question du protocole et du “process” l’axe de sa réflexion.

Au-delà de la beauté de ses pièces, de leurs géométries subtiles et de leurs savantes variations chromatiques, c’est à leur élaboration qu’il nous renvoie.

Et en premier lieu aux matériaux et outils qu’il utilise (fils, métiers à tisser) tous sourcés et achetés dans des boutiques et sur des sites web de seconde main provenant de stocks inutilisés auxquels il va offrir une seconde vie.

Cette manière de collecter des matériaux le conduit à accepter de faire avec ce qu’il trouve, puis à envisager ses compositions en admettant qu’une couleur de fil puisse venir à manquer en cours de tissage, ce qui occasionne un éventuel changement de grosseur de fil, de texture ou de couleur… Cette capacité d’adaptation est l’une des composantes du travail au même titre que les aléas du tissage : difficulté d’alignement d’un panneau à l’autre, légère distorsion des formes, infimes accidents que Brent Wadden s’emploie à estomper ou à intégrer à ses compositions. Cette part de hasard acceptée et à peine perceptible pour l’observateur, rappelle que le métier à tisser ne permet pas de voir la pièce en totalité tant qu’elle n’est pas achevée, autrement dit “tombée de métier”.

Ces légères irrégularités distinguent les pièces tissées de Brent Wadden d’une production mécanique qui revendique sa perfection. Dans leur déclinaisons de formes, de couleurs, leurs textures, leurs assemblages les œuvres de Brent Wadden révèlent d’infimes variations, soumises à un aléatoire qui renvoie à une manualité et lui donne sa poésie. Faussement systématiques, ouvertes au sensible, gracieuses et puissantes, elles échappent aux catégories tout en s’inscrivant à la fois dans une réflexion sur l’abstraction et dans une volonté d’inscrire les techniques liées aux arts décoratifs dans les pratiques de l’art contemporain.

— Françoise-Claire Prodhon, critique d’art et historienne

Courtesy of the Artist and Almine Rech. Photos: Nicolas Brasseur


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