Oli Epp: Nine Lives

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Open: Tue-Sat 11am-7pm

44 rue Quincampoix, 75004, Paris, France
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Oli Epp: Nine Lives

to Sat 12 Nov 2022

Artist: Oli Epp

44 rue Quincampoix, 75004 Oli Epp: Nine Lives

Tue-Sat 11am-7pm

What are we talking about, generally, when we refer to “the aesthetics of the digital”? Social media, of course—especially Instagram, that deep trough of contemporary visual culture—but also e-commerce, porn, photo manipulation and graphics programmes, video games, CGI and, to a lesser extent, virtual reality and augmented reality.

What binds these disparate things together, if not the attainment (or, rather, the illusion of attainment) of our various atavistic desires? They satisfy our appetites and libidos, our desire not only to see but to possess, to interact with and to reproduce objects or images hitherto beyond our reach. Digital aesthetics are the aesthetics of thirst and consumption.

The London-based painter Oli Epp has described his work as “post-digital Pop,” a term that acknowledges his debt to artists of the 1950s and ’60s who appropriated popular culture. The term also suggests however, with that qualifying “post-”, a critical stance on the typical dynamics of contemporary digital media. Epp draws deeply from imagery sourced online, replicating the vivid, plastic luminosity of graphics and photography already highly keyed to appeal to the idly scrolling viewer. Like good advertisements, his pictures stop us in our tracks, which is what they are designed to do. Unlike most ads, however, they are usually somehow troubling, or corrupted. They are both stunningly gorgeous and grotesque; perfect and flawed; appealing and repulsive.

For his exhibition Nine Lives, Epp brings together nine new paintings of cats, animals he has depicted in the past (and perennial subjects of viral videos). His title acknowledges, of course, the myth that cats live multiple lives (successive, presumably, not simultaneous)—a legend probably born from cats’ ability to land safely even after flying or falling from considerable heights.

Epp’s paintings always land, too, despite the contortions he puts them through. In one painting, titled Three Wishes, a furious-looking black cat appears threaded inside a byzantine rope scratching post, looping and arcing like a sculpture by Noguchi or Calder. In Argos, a wizened black cat (the same cat, presumably, in a different life) has its face bejewelled with red, amber and green eyes, like some malfunctioning feline traffic light. In yet another painting, titled Castrator, a viciously snarling cat lifts his leg and transforms himself into a giant Swiss army knife, as if contemplating the removal of his own pink and horribly humanoid testicles.

Throughout Epp’s work, we witness a deliberate categorical confusion between the human, the animal, and the inanimate. Objects morph into figures, and figures become objects. Animals represent people, and people behave like animals. Epp often describes his paintings in terms of hybridity, as if he is breeding rare new species of quasi-organic beings, or grafting ears onto the backs of mice. He told me excitedly of an Australian songbird called the superb lyrebird that has been documented imitating human sounds such as car alarms, chainsaws and SLR camera shutters.

But Epp’s scrambling of pre-existing forms and categories is about more than just remixing for Surrealism’s sake. It touches on something at the very core of artmaking, as it has existed for millennia. To imbue an inanimate, handmade object with the power and agency of a living being (or even a supernatural being) is to grant life to dead matter. Artists’ reasons for doing this have, historically, been wildly various, from self-protection to deity worship to virtuosic showmanship to unvarnished commerce. Liveliness can be conjured through mimesis, but it comes in other guises too, from the uncanny to the totemic or the vividly expressionistic. Epp, at various times, has deployed all these strategies in his paintings, especially photorealist illusionism.

Epp admits to a tortured relationship with his precisely honed paintings. Across the arc of his still short career, one gets the sense of him striving towards a level of perfection that is promised, though never truly delivered, by digital culture. Perhaps it can’t be delivered by painting, either, though if one considers the differences between these media, between the seductive though ultimately disappointing quality of the pixelated, backlit and ephemeral screen image and the unruly, messy but ultimately pure materiality of paint, it seems that a painting has a formal integrity—and an enduring sense of aliveness—that a digital image does not. Epp’s art satisfies in a way that his manifold sources never can.

Jonathan Griffin

Jonathan Griffin is a freelance art critic based in Los Angeles.


De quoi parle-t-on, de façon générale, quand est évoquée « l’esthétique du numérique » ? Des médias sociaux, bien sûr – et plus particulièrement d’Instagram, cette fosse de la culture visuelle contemporaine – mais aussi du commerce électronique, du porno, de la manipulation de photos et des programmes graphiques, des jeux vidéo, des images de synthèse et, dans une moindre mesure, de la réalité virtuelle et de la réalité augmentée.

Qu’est-ce qui lie ces choses si disparates, si ce n’est l’accomplissement (ou plutôt l’illusion d’accomplissement) de nos divers désirs ataviques ? Elles satisfont nos appétits et nos libidos, notre désir non seulement de voir mais de posséder, d’interagir et de reproduire des objets ou des images jusqu’alors hors de notre portée. L’esthétique numérique est une esthétique de la soif et de la consommation.

Le peintre londonien Oli Epp décrit son travail comme du « pop post-numérique », un terme qui reconnaît sa dette envers les artistes des années 1950 et 1960 qui s’appropriaient la culture populaire. Le terme suggère également, avec le qualificatif « post », une position critique sur la dynamique typique des médias numériques contemporains. Epp s’inspire largement de l’imagerie en ligne, reproduisant la luminosité vive et plastique de graphismes et de photographies déjà très adaptés pour attirer le spectateur oisif qui fait défiler les images à l’infini. À l’instar des bonnes publicités, ses images nous arrêtent dans notre élan – ce qui est précisément leur vocation. Cependant, contrairement à la plupart des publicités, elles sont généralement troublantes ou corrompues. Elles sont à la fois d’une beauté stupéfiante et grotesque, parfaites et imparfaites, attirantes et repoussantes.

Pour son exposition Nine Lives, Epp réunit neuf nouvelles peintures de chats, animaux qu’il a déjà représentés par le passé (et sujets récurrents de vidéos virales). Le titre de l’exposition fait bien sûr référence au mythe selon lequel les chats vivent plusieurs vies (successives, sans doute, et non simultanées) – une légende probablement née de la capacité des chats à atterrir sains et saufs même après avoir volé ou être tombés de hauteurs considérables.

Les peintures d’Epp atterrissent toujours sur leurs deux pattes, elles aussi, malgré les contorsions que l’artiste leur fait subir. Dans un tableau intitulé Three Wishes, un félin noir à l’air furieux apparaît enfilé à l’intérieur d’un griffoir pour chats tarabiscoté, formant une boucle et un arc comme une sculpture de Noguchi ou de Calder. Dans Argos, un chat noir vieillissant (le même chat, sans doute, dans une autre vie) a le visage orné d’yeux rouges, ambres et verts, comme un feu de signalisation félin défectueux. Dans une autre peinture encore, intitulée Castrator, un chat vicieusement hargneux lève la patte et se transforme en un couteau suisse géant, comme s’il envisageait de retirer ses propres testicules roses et horriblement humanoïdes.

Dans toute l’œuvre d’Epp, nous assistons à une confusion délibérée des classifications entre l’humain, l’animal et l’inanimé. Les objets se transforment en figures, et les figures deviennent des objets. Les animaux représentent des personnes, et les personnes se comportent comme des animaux. Epp décrit souvent ses peintures en termes d’hybridité, comme s’il élevait de nouvelles espèces rares d’êtres quasi-organiques, ou qu’il greffait des oreilles sur le dos d’une souris. Il m’a parlé avec enthousiasme d’un oiseau chanteur australien, le superbe oiseau lyre (Menura), qui a été observé imitant les sons humains tels que les alarmes de voitures, les tronçonneuses et les obturateurs d’appareils photo reflex.

Mais le brouillage par Epp des formes et des classifications préexistantes ne se limite pas à un simple remixage au nom du surréalisme. Il touche à quelque chose qui est au cœur même de la création artistique, telle qu’elle existe depuis des millénaires. Donner à un objet inanimé, fabriqué à la main, le pouvoir et l’action d’un être vivant (ou même d’un être surnaturel), c’est donner vie à une matière morte. Les raisons qui ont poussé les artistes à agir de la sorte ont toujours été très variées, allant de l’autoprotection au culte des divinités, en passant par la virtuosité du geste ou le commerce pur et dur. La mimésis permet d’évoquer la vitalité, mais elle se présente aussi sous d’autres formes, de l’inquiétant au totémique en passant par le plus vif expressionnisme. Epp, à différents moments, a déployé toutes ces stratégies dans ses peintures, notamment l’illusion photo-réaliste.

Epp admet avoir une relation torturée à ses peintures poussées à la perfection. Tout au long de sa carrière, qui est encore courte, on a l’impression qu’il s’efforce d’atteindre un niveau de perfection que la culture numérique promet, sans jamais vraiment l’atteindre. Peut-être la peinture ne peut-elle pas non plus l’atteindre. Pourtant, si l’on considère les différences entre ces médias, c’est-à-dire entre la qualité séduisante mais finalement décevante de l’image pixélisée, rétroéclairée et éphémère de l’écran d’une part, et la matérialité indisciplinée, désordonnée mais finalement pure de la peinture d’autre part, il semble qu’une peinture possède une intégrité formelle – et un sentiment durable de vitalité – que l’image numérique ne possède pas. L’art d’Epp comble, d’une certaine manière, ce que ses sources multiples ne combleront jamais.

Jonathan Griffin

Jonathan Griffin est un critique d’art indépendant basé à Los Angeles.

Courtesy of the artist and Semiose, Paris


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